Santé mentale des jeunes

Prendre soin de ceux qui prennent soin.

Santé mentale des jeunes : prendre soin de ceux qui prennent soin


Entrer en apprentissage, c’est apprendre un métier, découvrir le monde professionnel, gagner en autonomie et construire peu à peu sa place. C’est une période riche en rencontres et en réussites, mais qui peut aussi être exigeante.


Pour les jeunes qui choisissent les métiers du social, de la santé et de la petite enfance, cette entrée dans la vie professionnelle comporte une dimension particulière : très tôt, ils sont confrontés à la maladie, au handicap, à la dépendance, à la précarité ou à la souffrance des personnes qu’ils accompagnent.


Apprendre à prendre soin des autres suppose donc aussi d’apprendre à prendre soin de soi.


La santé mentale des jeunes : un véritable enjeu de société


La santé mentale ne se résume pas à l’absence de trouble psychique. Elle participe à notre capacité à faire face aux difficultés de la vie, à apprendre, à travailler, à créer des relations et à trouver notre place dans la société.


Or, la santé mentale des jeunes s’est dégradée au cours des dernières années. Les pouvoirs publics soulignent notamment la vulnérabilité particulière de la période des 18-25 ans : orientation, entrée dans la vie active, recherche d’autonomie, difficultés économiques ou sociales sont autant de facteurs susceptibles de fragiliser certains jeunes.


Ces enjeux concernent naturellement les jeunes en apprentissage. Devenir apprenti, c’est être à la fois en formation et salarié. Il faut trouver son équilibre entre les enseignements, les attentes professionnelles, les horaires, les évaluations, les déplacements et, parfois, les difficultés de la vie quotidienne.


Dans les métiers du soin et de l’accompagnement, une vigilance particulière


Pour un apprenti aide-soignant, éducateur spécialisé, accompagnant éducatif et social, infirmier, auxiliaire de puériculture ou futur professionnel du travail social, la découverte du métier est aussi celle de réalités humaines parfois difficiles.


La confrontation à la souffrance, aux situations de vulnérabilité, à la fin de vie, aux violences ou à la détresse sociale peut susciter des émotions fortes. À cela peuvent s'ajouter le sentiment de ne pas encore maîtriser suffisamment son métier, la peur de mal faire ou encore la difficulté à trouver sa juste place dans une équipe de professionnels expérimentés.


Ces situations ne signifient pas nécessairement qu’un jeune va mal. Elles invitent en revanche à développer, dès la formation, une véritable culture de la prévention.


Les risques psychosociaux peuvent notamment être liés au stress, aux relations de travail ou à certaines formes de violence interne ou externe. Leur prévention doit autant que possible agir sur l’environnement et l’organisation du travail, et pas uniquement sur la capacité individuelle à « tenir » face aux difficultés.


Prévenir, c’est d’abord permettre de parler


La prévention en matière de santé mentale commence souvent par des choses simples : informer, écouter, créer des espaces de dialogue et savoir orienter.


Une fatigue qui s’installe, une perte de motivation, des absences répétées, un isolement inhabituel, des difficultés de concentration ou une anxiété persistante peuvent constituer des signaux auxquels il convient d’être attentif, sans pour autant poser soi-même de diagnostic.


L’enjeu est surtout de permettre à l’apprenti de ne pas rester seul face à une difficulté.


Cela suppose également de lutter contre une idée encore trop présente : demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse. Santé publique France relève d’ailleurs plusieurs freins au recours à un professionnel chez les 18-24 ans, parmi lesquels le coût, la difficulté à se confier ou encore la peur que l’entourage soit informé.


Prévenir, c’est donc rendre les ressources visibles et accessibles, mais aussi installer suffisamment de confiance pour que la parole puisse émerger avant que la situation ne se dégrade.


Le CFA, un acteur de proximité tout au long du parcours


Au CFA ADAMSS, notre mission ne s’arrête pas à la signature du contrat d’apprentissage.


Notre modèle de CFA hors les murs nous place au croisement de trois acteurs essentiels : l’apprenti, son employeur et son centre de formation. Cette position nous permet d’avoir une vision globale du parcours et de faciliter le dialogue lorsqu’une difficulté apparaît.


Le Code du travail confie d’ailleurs aux CFA une mission d’accompagnement des apprentis afin notamment de prévenir ou de résoudre les difficultés sociales et matérielles susceptibles de mettre en péril leur contrat. Il leur appartient également de contribuer à la cohérence entre la formation et l’expérience vécue chez l’employeur.


Notre rôle n’est évidemment ni de diagnostiquer, ni de soigner. Il consiste à être présent : écouter un apprenti qui rencontre une difficulté, échanger avec le maître d’apprentissage et le partenaire pédagogique lorsque cela est nécessaire, repérer une situation susceptible de fragiliser le parcours et orienter vers les professionnels ou dispositifs compétents.


Cette vigilance est d’autant plus importante que l’apprenti est aussi un salarié. À ce titre, son employeur doit assurer la protection de sa santé physique et mentale et organiser le suivi de son état de santé par les services compétents de santé au travail.


Sécuriser les parcours, c’est aussi prendre soin de ceux qui apprennent


La réussite d’un apprentissage ne se mesure pas uniquement à l’obtention d’un diplôme. Elle tient aussi à la manière dont un jeune parvient progressivement à prendre confiance, trouver sa place dans un collectif professionnel et construire les ressources qui lui permettront d’exercer durablement son métier.


C’est particulièrement vrai dans les métiers du soin et des solidarités.


Employeurs, maîtres d’apprentissage, équipes pédagogiques, CFA et professionnels de santé ont chacun un rôle différent. Mais c’est bien leur capacité à travailler ensemble qui permet de créer autour de l’apprenti un environnement attentif, sécurisant et propice à la réussite.


Au CFA ADAMSS, nous en sommes convaincus : accompagner les professionnels qui prendront soin des autres demain, c’est aussi commencer par prendre soin de leur parcours aujourd’hui.